Le mot de la semaine est : sigisbée

Un sigisbée, ou chevalier servant, est un homme qui, dans la noblesse de l’Italie du xviiie siècle, accompagnait officiellement et au grand jour une dame mariée.

Cette coutume, outre qu’elle soulevait des problèmes liés à la fidélité conjugale et à la légitimité des filiations, contribua à donner une image négative de la morale des Italiens. C’est pour cette raison, qu’au cours de la première moitié du xixe siècle, les patriotes du Risorgimento condamnèrent cette pratique, déjà en net recul à la suite de l’introduction en Italie des idées de la Révolution française, et y mirent un terme.

Synonymes :

  • Cavalier
  • Galant
  • Gigolo
  • Soupirant
  • Amant

Exemples :

  • « On nomme hardiment amour un caprice de quelques jours… des simagrées de sigisbée, une froide habitude. » Voltaire
  • « Ainsi l’on n’a point songé à compter parmi les malheurs publics de l’Italie, la cause peut-être la plus universelle des souffrances privées de toutes les familles italiennes; l’atteinte portée au lien sacré du mariage, par un autre lien avoué, considéré comme honorable, et que les étrangers voient toujours en Italie avec une égale surprise, sans pouvoir le comprendre, celui des cicisbei ou cavalier serventi. » Sismondi
  • « Fol abruti abandonne ta réticence sotte étant donné que le Capuchon lui aussi est revêtu d’une âme aimable et sigisbée. » Marforio
  • « En Italie, au contraire, le fait que chaque femme soit attachée à un amant flétrit et éteint le moindre sentiment que le mari pourrait éprouver pour elle ou pour les enfants. Il n’est sûr que du premier de ses fils; mais pour qu’il en soit absolument convaincu, il importe que ce fils naisse dans la première année du mariage car rares sont les femmes qui résistent à l’envie d’un sigisbée plus d’un an. » Sharp